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Les grands titres se portent sur actuellement sur les rappels de produits « made in China », et les problèmes de qualité de la production du géant asiatique.

Des quelques articles que j'ai pu lire sur le sujet, rares sont ceux qui ont développé les deux idées suivantes :

Premièrement, ce traitement médiatique peut être le révélateur d'une nouvelle donne politique vis à vis de la Chine. On sait que la dette américaine est en partie financée par la Chine. Et il bien souvent dit que l'empire du Milieu ne tarderait pas à tirer partie de cette situation. Or, si les Etats-Unis avaient cherché un moyen de rappeler qu'ils ont aussi des moyens de pression, en jouant de l'arme économique, je pense qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement. 
En rappelant à leur « partenaire commercial » et néanmoins concurrent, que sans débouché il n'y a pas de puissance économique, en soulignant qu'ils n'ont pas encore les standards qualité adéquats, que leurs exportations sont encore dépendantes du pays de l'Oncle Sam, que les clients sont des « acteurs » qui ont certes un ?il favorable sur ce qui est peu cher, mais qui ne sont pas prêt pour autant à mettre en jeu leur sécurité,? ils ont fait passer beaucoup de messages.
Et cela, tout en ménageant leur diplomatie, puisque les récriminations et les rappels viennent des entreprises et non du gouvernement !

Deuxième idée, sur un autre plan différent : il ne faut pas que cette « campagne » nous fasse oublier que nous (consommateurs occidentaux) avons une part de responsabilité dans cette situation. Quelles sont-elles ?
- D'abord, d'être à l'origine de la fabrication des produits « made in China » que nous achetons. Car comme le révèle un court article intitulé « Bouc émissaire » édité dans La Tribune du 5 septembre 2007* : « 50% des exportations chinoises (80% dans l'électroménager) sont réalisées via des entreprises à capitaux mixtes ou des contrats de sous-traitance avec des firmes occidentales ».
- Ensuite, de ne pas mener les vérifications nécessaires. Que ce soit du fait des distributeurs, pour gagner de la marge, ou des autorités de contrôle, qui sont « noyées sous l'abondance des produits et des réglementations (il existe 22 directives EC !) ».
- Enfin, de sacrifier la qualité de ce que nous achetons à notre train de vie. L'article finit en soulignant avec justesse la responsabilité du consommateur « car c'est bien ce satané « made in China » qui soutient son train de vie ».

Jérôme Bondu

* source : article de Eric Benhamou et Valérie Segond pour La Tribune