Geotrend earthworm carto 50 acteurs 

Dans le cadre de mes tests de l’outil de recherche et de veille Geotrend, j’ai proposé à un de mes clients, l’ONG Earthworm Foundation, de réagir à une cartographie d’acteurs ! Grégoire Jacob a bien voulu se prêter au jeu, et a testé la plateforme Geotrend pendant une semaine. Merci à lui !

Grégoire est Member Manager chez Earthworm Foundation. Earthworm Foundation (anciennement TFT - The Forest Trust) est une ONG qui lutte pour la préservation de la planète en aidant les entreprises à avoir une utilisation raisonnée et durable de denrées essentielles comme l’huile de palme, le bois, le soja ou le coton. Grégoire, m’a soumis la problématique suivante : la déforestation pour la culture du soja. En tant que consultant en veille et analyse, je suis un gros utilisateur de solutions de cartographie (voir quelques études ici, la, et la). Beaucoup de mes prestations d’études, dans le cadre d’Inter-Ligere, donnent lieux à une présentation cartographique à mes clients.
J’ai paramétré l’outil Geotrend (voir la requête dans les notes en bas de l'article), je lui ai présenté l’outil, et voici ce qu’il en pense.
Interview … Bonne lecture.

Jérôme Bondu

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Jérôme Bondu : Qu’est-ce que cette cartographie vous évoque ?
Grégoire Jacob : Elle est très complète, très intéressante et surtout très visuelle. Sa lecture est très facile d’accès.
Au premier abord, cela permet d’avoir une lecture rapide des enjeux et des acteurs. C’est un vrai soutien à la compréhension d’un secteur.
Ensuite, comme la cartographie est interactive, que l’on puisse naviguer dans la carte, sélectionner des acteurs pour faire apparaitre les articles qui les citent, est une véritable invitation à creuser le sujet. Et à se plonger dans les détails qui permettent de détecter les informations moins visibles, les signaux faibles.

Il est possible de déplacer des acteurs sur la carte pour voir comment ils sont reliés aux autres. Je me suis amusé, j’utilise sciemment ce terme, car c’est presque ludique, à mesurer ainsi les liens de certains gros acteurs. C’est très instructif.

Geotrend earthworm carto 100 acteurs regroupes

 
En outre nous voyons bien les regroupements. On en voit trois : en haut nous avons les acteurs directs du sujet, plutôt des entreprises. Les liens sont rouges et matérialisent une concurrence. À droite, institutionnels et ONG. Les liens sont vert signe de relations partenariales. À gauche, il y a les distributeurs, ou entreprises qui intègrent le soja comme matière première.

JB : Cargil est le l’acteur le plus cité, et est en position centrale dans la cartographie. Est-ce que cela correspond à votre vision du secteur ?
GJ : Tout à fait, cela ne m’a pas surpris, car Cargil est le plus gros acteur. J’ai recherché des liens avec d’autres acteurs, comme des concurrents ou des institutions. Dans le cadre de ces investigations, j’ai retrouvé l’outil Trase. C’est une solution qui est très utilisée dans le secteur. Je suis donc allé voir plus en détail les articles qui en parlent. Et j’ai pu avoir accès hyper rapidement à des chiffres qui vont m’être utiles pour développer mes projets et mes argumentaires pour convaincre les entreprises.

Geotrend earthworm carto geo

 JB : Avez-vous utilisé la carte géographique ?
GJ : Je suis en effet allé voir les différents pays, j’ai cliqué sur la plupart des pays européens. Mon idée était de mieux percevoir leur positionnement par rapport au sujet de la déforestation importée. On voit rapidement qu’il n’y a pas d’unité sur ce sujet. La déforestation importée reste une thématique très française. Et cette problématique va être traitée de manière différente dans les autres pays.

Geotrend earthworm nuage de mots

JB : Que pensez-vous du nuage de mots-clés ?
GJ : Cela peut être utile quand on aborde un nouveau secteur pour détecter les mots-clés importants, les expressions qui font référence. Chaque domaine développe son propre jargon. Cela peut aider à utiliser les bons termes plus vite dans le cadre des entretiens et réunions de travail. Dans mon cas, je les connaissais, mais une confirmation de leur utilisation et une mesure de leur emploi, visible par la taille des caractères, est toujours utile.

Geotrend earthworm dashboard

JB : Qu’avez-vous utilisé d’autre ?
GJ : J’ai aussi utilisé le dashbord et la détection automatique des concurrents, investisseurs, partenaires. Cela donne une vision globale très pertinente. Le moteur de recherche interne permet de détecter des acteurs qui n’apparaissent pas directement sur la cartographie (limitée à 50 ou 100 acteurs). Ainsi j’ai recherché dans le moteur notre ONG, EarthWorm. Et je l’ai effectivement trouvé, avec une mention de Bastien Sachet. Le fait que l’on soit peu visible nous pousse à nous interroger sur notre exposition numérique. Nous étions conscients d’être peu visibles, mais la voir ainsi matérialisée va certainement nous pousser à y travailler.

JB : Avez-vous une critique ?
GJ : L’outil est tellement puissant qu’il faut maitriser le temps que l’on y passe. On peut facilement s’y perdre et être absorbé par la lecture des articles et la profondeur de la recherche.
Je pense qu’il faut être très précis dès le départ sur les mots et la construction de la recherche. Si l’on relance une carte avec d’autres mots-clés, je suis sûr que je pourrai avoir des résultats assez différents. Je me demande s’il est préférable de faire une requête exhaustive dès le départ contenant tous les mots-clés importants, ou faire plusieurs tests itératifs.

JB : Un dernier mot pour finir …
GJ : Selon moi l’outil a deux utilisations.
Si on lance une recherche sur un domaine que l’on connait, cela permet d’aller en finesse dans les détails et de trouver des informations complémentaires. Cela va soutenir une démarche intellectuelle déjà bien charpentée.
Si, à contrario, on lance une recherche sur un domaine que l’on ne connait pas, il est clair que cela fera gagner un temps fou sur la détection des acteurs importants, savoir qui fait quoi, obtenir les connaissances de base, ou concentrer les efforts de recherche sur les points importants !

Jérôme Bondu


Interview de Grégoire Jacob. Propos retranscris par Jérôme Bondu

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Notes

1/ Pour en savoir plus sur l'ONG EarthWorm.
Le bureau France est dirigé par Fabien Girard Il avait participé à une conférence que j’avais organisé sur Lille sur le thème « Entreprises et ONG : de la défiance à la confiance ».

2/ Pour information la requête initiale était :"Imported Deforestation" OR "Illegal conversion" OR "import ports" OR "Amazon rainforest" Soy OR "vegetable proteins" OR "animal feed" OR "Soybean meal" OR "soy crusher"

3/ Voici d’autres exemples d'études cartographiques réalisée par Jérôme Bondu – Inter-Ligere

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