saoudJ’ai lu le livre de Pierre Conesa « Dr. Saoud et Mr. Djihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite ». J'ai fait un résumé assez précis, et donc relativement long, que je partage trois billets successifs.
Article 1 : Wahabisme et le salafisme
Article 2 : Rouages de l’influence wahhabite
Article 3 : Cécités Occidentales sur le wahhabisme

Ceci est le troisième et dernier billet !

Cécités Occidentales sur le wahhabisme  


Pierre Conesa détaille les réactions politiques face au wahhabisme.
En France, l’auteur met en valeur deux éléments.
- D’abord, l’aveuglement de nos dirigeants face à la perspective de contrats mirobolants (c’est le mirage de contrats pour 10 milliards de dollars).
- Puis ,la laïcité : « La laïcité est un bouclier qui s’est révélé assez efficace en en même temps assez paralysant. Toute action répressive ou contraignante est immédiatement dénoncée comme liberticide ou islamophobe. » Résultats : il y a eu en France des déscolarisations d’enfants, des difficultés à expulser les extrémistes, un enlisement du débat sur la déchéance de nationalité pour les terroristes.

Au Maghreb : Paradoxalement la dangerosité du wahhabisme « semble mieux perçue dans les pays arabo-musulmans, d’où proviennent les réactions les plus fortes » notamment au Maroc.

Et l’Amérique ? J’ai évoqué plus haut le pacte du Quincy qui a figé l’alliance entre Roosevelt et Al-Saoud. Pierre Conesa revient bien évidemment sur le tour de passe-passe qui fait qu’après les attentats du 11 septembre, l’Arabie saoudite n’a pas été inquiétée par les Américains. L’auteur explique même que des anciens de la CIA ont témoigné de l’interdiction faite par leur centrale de faire du renseignement sur l’allié saoudien !
Il faut dire que les différents gouvernements américains ont pratiqué une politique désastreuse, faite de coups d’Etats tentés en Jordanie, Syrie (1949), Iran (1953), Irak (1959) et Egypte. Destruction de l’Irak après le 11 septembre. Intervention en Syrie. Quand dans le même temps ils ne sont pas capables d’offrir des perspectives pour le peuple Palestinien… Conesa donne son avis de manière tranchée sur cette politique à deux poids deux mesures  :« Appliquant un double standard des plus scandaleux, les Occidentaux ont conduit au pire, c’est-à-dire à l’exacerbation du sentiment d’injustice pour le plus grand bonheur de tous les salafistes de la planète. Ce terreau de mensonge est le fumier sur lequel fleurit le salafisme djihadiste » p257.

Le monde arabo-musulman est entré dans une guerre de religion
Au final, que faire ? Pierre Conesa nous donne une ligne de conduite : « Le monde arabo-musulman est entré dans une guerre de religion dans laquelle les Occidentaux n’ont aucune légitimité à intervenir. » p257 Par contre, il s’agit quand même de nettoyer les écuries d’Augias chez nous « Peut-être la diplomatie européenne devrait-elle se faire entendre sur ce sujet d’intérêt collectif. La mise en place d’un contrôle des financements étrangers des mosquées et des imams, de législations sur la liberté de parole et les appels à la haine, de vérification des programmes des écoles coraniques par exemple permettraient d’éviter que le contient ne devienne une terre de mission, voir un sanctuaire pour les salafistes. » …

Ouvrage à lire pour comprendre le rôle de l’Arabie saoudite dans la propagation du wahhabisme et du salafisme !


Le Club IES aura le plaisir de recevoir Pierre Conesa en conférence le 12 décembre. Inscriptions ici


Jérôme Bondu