socialterJ’ai lu « Bienvenue en Lobbycratie – plongée dans l’univers des lobbies » dossier de Socialter numéro 37 (oct-nov 2019). https://abo.socialter.fr/produits/40/n37

Je précise que j’ai essayé de faire un résumé fidèle du document, et que cela ne reflète pas ma vision des choses. J'intègre dans mes formations en intelligence économique la pratique d'un lobbying éthique !

Voici la présentation du dossier sur le site de Socialter : « Corruption, fabrique du doute, attaques répétées sur les travaux scientifiques indépendants, production de faits alternatifs... Les lobbyistes ont recours à des méthodes frauduleuses ou manipulatoires, et faussent le jeu démocratique : 4 français sur 5 estiment que les responsables politiques sont trop influencés par les lobbies selon la dernière enquête Ipsos, commandée par WWF et Transparency. Mais l'influence gagnée par les groupes d'intérêts privés se résume-t-elle à cela ? Socialter change de perspective et propose une réflexion systémique : entre concentration des lobbies et des institutions au sein du quartier européen à Bruxelles, détournement de la recherche scientifique, et mise à disposition d'expertises pointues, comment les lobbies profitent-ils des faiblesses de la démocratie représentative ? »


Cinq articles composent ce dossier :
- La démocratie lobbytomisée
- Vis ma vie de lobbyiste
- Quand les lobbies instrumentalisent la science
- Rentrée des classes à Lobby City
- Lobbies citoyens : quel plan d’attaque ?
- Au Conseil constitutionnel, les lobbies frappent aux portes étroites

Voici mes notes sur les deux articles qui me semblent les plus intéressants :

Quand les lobbies instrumentalisent la science


L’article est une interview de la journaliste Stéphane Horel, auteur de Lobbytomie (que j’ai résumé ici).
La fabrique de la controverse, ou manufacture du doute, a été inventé par les industriels du tabac pour masquer les effets délétères de la cigarette. Les industriels se sont emparés des circuits de production de la connaissance. Ce travail peut être mené par des cabinets de lobbying spécialisés en science, dits de « défense de produits ». Un des plus gros s’appelle Exponent, qui a travaillé sur le bisphénol A, des pesticides, l’amiante, …
Les agences réglementaires et les pouvoirs publics, dans une attitude schizophrénique, préfèrent se fiers aux études des industriels, qu’aux études issues du secteur public qu’ils financent pourtant ! Par exemple l’Institut International de recherche sur les sciences de la vie - ILSI, qui est un pseudo institut créé par Coca-Cola.
Cette « utilisation de la science privée » date du milieu du siècle dernier quand aux Etats-Unis le Bayh-Dole Act a « permis aux universités de commercialiser leurs découvertes en les brevetant ; Cela a encouragé la recherche avec des applications concrètes (…). Cela a bien entendu intéressé les industriels, ils y ont vu une opportunité d’entrer dans le monde de l’université pour s’emparer de ces circuits de production de la connaissance ».
Il n’existe pas à proprement parler de délit de conflit d’intérêt. Stéphane Horel rappelle que le médecin Michel Aubier a été poursuivi pour avoir menti sous serment lors d’une commission d’enquête sénatoriale. Mais que lui-même s’estimait dans son bon droit. L’auteure insiste sur le fait qu’il ne faut pas voir le scientifique comme une sorte de « Hobbit au cœur pur vivant dans le pâturage de la vérité » ! Ils sont faillibles, comme les autres.

Pour conclure : la société civile peine à s’investir sur ces sujets. Il y a une « confiscation des choix de société au prétexte d’une trop grande technicité ».

La cartographie ci-dessous a été réalisée suite à la lecture du livre de Stéphane Horel Lobbytomie.
lobbies leviers 


Lobbies citoyens : quel plan d’attaque ?

Pour déjouer les lobbies, il faut créer des contre-pouvoirs. Cela peut passer par de nombreuses actions à mener en parallèle :
- Obtenir le soutien du grand public. Via des pétitions et la formation du public, qui généralement ne se sent pas compétent. Le collectif CLIC mène par exemple des ateliers législatifs.
- Interpeller des pouvoirs publics.
- Interpeller les médias.
- Porter l'affaire en justice.
- Obtenir une plus grande transparence des processus de décision. Exemple du Conseil constitutionnel qui a publié les "portes étroites".
- Investir l'échelon local pour contourner le blocage national ou international.

lobbies citoyens


La pratique de l'influence est une des armes essentielles dans la civilisation du savoir !

Jérôme Bondu

Sur des sujets similaires :
- A lire : Lobbytomie de Stéphane Horel.
- A lire : Cigarette, dossier sans filtre. Réquisitoire brulant contre les vendeurs de morts. Bande dessinée de Pierre Boisserie et Siro.
- Formation : I1- Lobbying, influence et cartographie décisionnelle.




les echosLes Echos a publié le 18 novembre 2019 un article titré « Google accusé de manipuler les résultats de son moteur de recherche ». Nicolas Rauline, l’auteur de l’article, explique que le Wall Street Journal a réalisé des tests qui prouvent que Google « modifie sciemment les résultats de son moteur de recherche, pour servir ses propres intérêts et ceux de ses partenaires ». Google aurait ainsi favorisé les clients de sa propre régie publicitaire. Deuxième point, l’outil d’auto-complétion, qui vous aide à écrire vos requêtes, aurait aussi été modifié pour exclure certains thèmes polémiques. Ce sujet avait déjà créé une certaine indignation quand on s’était aperçu que l’outil aidait à compléter des questions racistes « pourquoi les Arabes sont … » « pourquoi les Juifs sont … ». Troisième point, Google « emploierait des sous-traitants pour vérifier régulièrement la qualité de ses résultats de recherche. » Alors que Google nie faire intervenir des humains dans son algorithme.

Bref, sale temps pour Google. Et quand on connait le pouvoir tentaculaire de Big Brother Google, on ne peut que s’en réjouir. Mais … quelque part, ces critiques s’appuient sur un raisonnement que me semble -en toute modestie- vicié. Explications …

Un modèle économique normal

En effet chaque émetteur d’information à sa propre ligne éditoriale, son modèle économique, et fait la promotion de ses services sur son support. Ainsi France Inter promeut régulièrement ses chroniqueurs, et notamment ses humoristes, quand ils font un spectacle. Idem pour les œuvres culturelles que la radio soutient comme le livre inter… Les chaines de télévision promeuvent elles-aussi leurs émissions sur leurs propres chaînes. Et les journaux comme les Echos ne s’en privent pas, puisque sur ce même numéro du 18 novembre, un petit encart en première page fait la publicité de la chronique de Dominique Seux dans l’émission « l’Edito Eco » sur France Inter à 7h45. La pratique est donc courante.

Pourquoi donc refuser à Google ce que tout le monde fait ? Chacun promeut en effet ses services sur ses supports de communication, et c’est bien compréhensible. Ainsi il est normal que Google promeuve ce qu’il veut… car ce moteur est fondamentalement une régie publicitaire qui vit de la vente de nos données.

Vouloir « redresser » Google, l’amender, en faire un outil « neutre » au service du bien commun est une erreur fondamentale. Car étant propriétaire de son algorithme, il pourra toujours le manipuler à loisir.

Laissons Google faire ses petites manipulations

Il faut en réalité, laisser Google faire ses petites manipulations pour que le grand public le voie tel qu’il est réellement. Pour que cela incite une partie significative de la population à changer de crèmerie. Pour que l’on retrouve plusieurs fenêtres sur le web. Pour que l’on utilise plusieurs moteurs de recherche. Pour que l’on retrouve une forme de liberté, n’ayons pas peur des mots.

L’horreur serait que Google s’approche de cette espèce de « neutralité » qu’on veut lui faire endosser, et qu’il finisse d’écraser totalement et définitivement toutes autres solutions alternatives. Évitons ce scénario cauchemardesque. Laissons Google vivre sa vie de régie publicitaire et formons le grand public à une utilisation experte et pluraliste du web !

Jérôme Bondu
Directeur de la société Inter-Ligere.fr
Président du Club IES


Sur le même sujet on pourra lire les articles :
- Dans la Google du loup.
- Monopole de Google.
- La dicature invisible du numérique.




le pointLe Point a fait sa Une avec Margrethe Vestager – La personnalité de l’année. Et l’on peut lire un dossier intéressant composé de 4 éléments.

1/ Le premier article fait le portrait de la vice-présidente exécutive désignée de la commission européenne, chargée de la concurrence et du Numérique. L’article est surtout intéressant dans la présentation des positions de cette européenne. Elle explique notamment que « si les GAFAM faisaient quelque chose de très grave, nous pourrions les démanteler ». Si je peux me permettre un avis personnel, la ligne rouge me semble déjà avoir été franchie, et la part de marché de Google dans les moteurs de recherche ou les systèmes d’exploitation de téléphone dépassant 80%, on pourrait sans doute commencer à s’affoler … Mais bon.

2/ L’article suivant de Gaspard Koening intitulé « Notre dernière chance » va dans ce sens et tire très justement la sonnette d’alarme.

3/ La double page suivante présente une belle infographie de Google, Facebook et Amazon (image ci-jointe).

4/ Mais c’est le dernier article qui m’a surtout intéressé, et que j’ai décortiqué. La journaliste Hélène Vissière explique que « L’Amérique a peur de ses géants ». Voici ci-dessous les idées importantes et les principaux protagonistes cités.

Les opposants aux GAFAM

- Démocrates.
 * Dénoncent l’exploitation des données personnelles, et la désinformation qui a contribué à la défaite de Clinton.
 * Elizabeth Warren est en première ligne. Alexandria Ocasio-Cortez est aussi citée.
- Républicains.
 * Dénoncent la censure des voix conservatrices.
 * Trump a une position ambivalente, puisqu’il dénonce cette censure, mais défend aussi les GAFAM face à une taxe européenne.
- La chambre des représentants
 * Qui a taraudé Zuckerberg lors d’une audition particulièrement mouvementée.
- Autorités de règlementation américaines qui reprochent
 * A Amazon (qui contrôle 50% du commerce sur Internet) de privilégier ses produits et ses marques.
 * A Google (qui contrôle environ 80% des requêtes dans le monde) de privilégier ses services.
 * A Facebook (qui comme Google) abuse de sa position dominante sur le marché publicitaire.
 * A Apple, de faire la pluie et le beau temps sur la sélection des applications de sa boutique.
- Groupe de procureurs généraux
 * 9 septembre, audition à la Cours Suprême.
 * Les procureurs de 50 Etats ont ouvert une enquête sur Google. Ken Paxton, procureur du Texas a déclaré « Il y a des indices montrant, selon nous, que ses pratiques commerciales ont pu réduire le choix des consommateurs, étouffer l’innovation, violer la confidentialité ».
 * Un second groupe se penche sur Facebook mené par la procureur général de New York, Letitia James.
- Ministère de la justice (Fédéral Trade Commission) et la Chambre des représentants ont lancé une avalanche d’enquêtes.
- L’Ecole de Chicago, et notamment le professeur Luigi Zingales, qui veut faire bouger les positions de cette école ultralibérale.
- Le grand public qui a pris conscience
 * De la libre circulation d'infox sur leurs plateformes.
 * De l’utilisation des données personnelles des internautes (Cambridge Analytica).
 * De leurs pratiques d’évasion fiscale.

Les soutiens aux GAFAM

- Le Congrès est paralysé par les divisions.
- L’impact de la déclaration du juge conservateur Robert Bork. Il a écrit en 1978 « Le paradoxe de l’antitrust ». Il y développe l’idée que la lutte contre certains monopoles a nui à l’économie. Et qu’il y a une question fondamentale à se poser avant d’entamer un dossier antitrust « le consommateur est-il lésé ? ». Cette « philosophie » a protégé les Big Tech.
- Leurs actions de lobbying
 * 55 millions de dollars en 2018.
- Les multiples relais de communication :
 * Par exemple le rachat du Washington Post par Bezos.
 * Les relations très proches des géants de la tech avec les politiques.
- Leur défense axe de défense :
 * Ils apportent de nombreux avantages aux utilisateurs.
 * La concurrence dans le numérique est rude, et les barrières à l’entrée très basses.

Les pistes pour réduire le pouvoir des GAFAM

- Démantèlement suivant la loi antitrust Sherman de 1890 :
 * Amazon devrait céder sa chaine de supermarché Whole Foods.
 * Facebook pourrait céder Instagram et WahtsApp.
 * Google pourrait céder YouTube.
 * Apple, sa boutique d’application.
- Contrôle des rachats. Jusqu’à présent les GAFAM ont été boulimiques et ont pu acheter sans entrave :
 * Google 214 sociétés.
 * Amazon 91 sociétés.
 * Facebook 67 sociétés.
- Règles ou lois :
 * Pour protéger la concurrence.
 * Interdiction pour une plateforme de vendre des produits sous sa marche.
 * Obligation pour les Big Tech de rendre leurs services interopérables.
- Créer une nouvelle entité pour la concurrence dans le numérique.


A lire dans Le Point !
Pour aller plus loin, on peut lire une description des arguments pour et contre GAFAM dans l’Opinion.

Bonne lecture

Jérôme Bondu
Directeur de la société Inter-Ligere.fr
Président du Club IES

 

 

saoudJ’ai lu le livre de Pierre Conesa « Dr. Saoud et Mr. Djihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite ». J'ai fait un résumé assez précis, et donc relativement long, que je partage trois billets successifs.
Article 1 : Wahabisme et le salafisme
Article 2 : Rouages de l’influence wahhabite
Article 3 : Cécités Occidentales sur le wahhabisme

Ceci est le troisième et dernier billet !

Cécités Occidentales sur le wahhabisme  


Pierre Conesa détaille les réactions politiques face au wahhabisme.
En France, l’auteur met en valeur deux éléments.
- D’abord, l’aveuglement de nos dirigeants face à la perspective de contrats mirobolants (c’est le mirage de contrats pour 10 milliards de dollars).
- Puis ,la laïcité : « La laïcité est un bouclier qui s’est révélé assez efficace en en même temps assez paralysant. Toute action répressive ou contraignante est immédiatement dénoncée comme liberticide ou islamophobe. » Résultats : il y a eu en France des déscolarisations d’enfants, des difficultés à expulser les extrémistes, un enlisement du débat sur la déchéance de nationalité pour les terroristes.

Au Maghreb : Paradoxalement la dangerosité du wahhabisme « semble mieux perçue dans les pays arabo-musulmans, d’où proviennent les réactions les plus fortes » notamment au Maroc.

Et l’Amérique ? J’ai évoqué plus haut le pacte du Quincy qui a figé l’alliance entre Roosevelt et Al-Saoud. Pierre Conesa revient bien évidemment sur le tour de passe-passe qui fait qu’après les attentats du 11 septembre, l’Arabie saoudite n’a pas été inquiétée par les Américains. L’auteur explique même que des anciens de la CIA ont témoigné de l’interdiction faite par leur centrale de faire du renseignement sur l’allié saoudien !
Il faut dire que les différents gouvernements américains ont pratiqué une politique désastreuse, faite de coups d’Etats tentés en Jordanie, Syrie (1949), Iran (1953), Irak (1959) et Egypte. Destruction de l’Irak après le 11 septembre. Intervention en Syrie. Quand dans le même temps ils ne sont pas capables d’offrir des perspectives pour le peuple Palestinien… Conesa donne son avis de manière tranchée sur cette politique à deux poids deux mesures  :« Appliquant un double standard des plus scandaleux, les Occidentaux ont conduit au pire, c’est-à-dire à l’exacerbation du sentiment d’injustice pour le plus grand bonheur de tous les salafistes de la planète. Ce terreau de mensonge est le fumier sur lequel fleurit le salafisme djihadiste » p257.

Le monde arabo-musulman est entré dans une guerre de religion
Au final, que faire ? Pierre Conesa nous donne une ligne de conduite : « Le monde arabo-musulman est entré dans une guerre de religion dans laquelle les Occidentaux n’ont aucune légitimité à intervenir. » p257 Par contre, il s’agit quand même de nettoyer les écuries d’Augias chez nous « Peut-être la diplomatie européenne devrait-elle se faire entendre sur ce sujet d’intérêt collectif. La mise en place d’un contrôle des financements étrangers des mosquées et des imams, de législations sur la liberté de parole et les appels à la haine, de vérification des programmes des écoles coraniques par exemple permettraient d’éviter que le contient ne devienne une terre de mission, voir un sanctuaire pour les salafistes. » …

Ouvrage à lire pour comprendre le rôle de l’Arabie saoudite dans la propagation du wahhabisme et du salafisme !


Le Club IES aura le plaisir de recevoir Pierre Conesa en conférence le 12 décembre. Inscriptions ici


Jérôme Bondu

saoudJ’ai lu le livre de Pierre Conesa « Dr. Saoud et Mr. Djihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite ». J'ai fait un résumé assez précis, et donc relativement long, que je partage trois billets successifs.
Article 1 : Wahabisme et le salafisme
Article 2 : Rouages de l’influence wahhabite
Article 3 : Cécités Occidentales sur le wahhabisme

Ceci est le second billet !


Rouages de l’influence wahhabite

Le corps du livre est la présentation des rouages de l’influence wahhabite.

Pierre Conesa résume le système « C’est un hybride du système américain par la multiplicité des mécanismes et l’étroite coopération entre actions publiques et privées, mais aussi du système soviétique par son idéologie totalitaire à la fois révolutionnaire et conservatrice, portée par un corps de commissaires politiques idéologiquement formés ». p98

L’ancrage totalitaire et ultra-réactionnaire s’est fait par étape : Il y a eu des radicalisations régulières de la politique religieuse, toujours dans le sens le plus stricte, et souvent pour calmer les contestations intérieures. En outre, le rôle des Frères musulmans a été au départ prépondérant, avant d’être combattu : « La diplomatie religieuse saoudienne n’est pas une politique extérieure totalement coordonnée et pensée au plus haut niveau. Elle fut d’abord celle des Frères musulmans, seuls cadres dont le pays pouvait disposer à ses débuts, puis elle ne devient que progressivement saoudienne, et elle est maintenant très offensive contre la congrégation frériste » p254

La Ligue Islamique Mondiale a été l’instrument majeur de l’influence wahhabite. La LIM a décliné des stratégies différenciées selon les pays. Mais globalement cela s’est toujours passé par la fondation de milliers de mosquées, la formation des imams, la construction de madrassa (écoles), d’ONG, … Tout cela a un coût. L’auteur estime que l’Arabie saoudite aurait dépensé par an en moyenne 7 milliards de dollars pour sa propagande. Autant que son budget militaire ! Histoire de vous donner un outil de comparaison : C’est entre deux et sept fois ce que l’URSS dépensait à la grande époque pour la propagande soviétique.

L’enseignement wahhabite est un outil de propagation de la haine. Ainsi en Angleterre des livres d’école d’une rare violence étaient utilisés par plusieurs milliers d’élèves. Une jurisprudence islamique enseignée en classe de seconde en 2001 expliquait « Dieu, dans sa miséricorde, a édicté diverses façons de préserver la religion. Entre autres : tuer les apostats et les hérétiques ; le djihad pour la cause de Dieu par l’âme et par les biens » p94 La diplomatie de l’argent est efficace. Pierre Conesa raconte qu’un mufti de Bulgarie qui n’avait pas de budget pour sa communauté « était obligé de recourir, pour ses cours de religion, à des documents (wahhabite) préconisant le suicide » p168.

L’argent n’est pas seul en cause. Le royaume a pu utiliser des idiots utiles. A titre d’exemple l’auteur raconte l’attitude incroyable de l’ancien bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureau, qui a laissé se constituer un quartier-ghetto dans sa commune. Avec la réussite que l’on connait …

Les conséquences de cette politique sont bien connues, et l’auteur passe assez vite sur les attentats que nous avons tous vécu. Il développe par contre d’autres exemples comme les « Sharias zones » en Angleterre : « des quartiers signalés par des panneaux à l’entrée comme des espaces gérés par les règles de la charia ». Il y en aurait 25 en Angleterre dans des quartiers regroupant de fortes populations musulmanes. « Abu Izzaden, autoproclamé directeur des musulmans d’un de ces quartiers déclare : « Nous voulons transformer tous les quartiers en zones islamiques unies, à l’écart des excès de la civilisation occidentale : interdiction de l’alcool, du jeu, de la drogue, de la musique, du tabagisme, de l’homosexualité, et de la mixité » p209

La suite demain


Le Club IES aura le plaisir de recevoir Pierre Conesa en conférence le 12 décembre. Inscriptions ici


Jérôme Bondu